Valérie Blaecke

Née à Aix-en-Provence le 5 juin 1978, Valérie Blaecke développe un parcours artistique pluridisciplinaire marqué par une carrière de danseuse de Ballet, complétée par ses activités de pédagogue, sophrologue et rédactrice culturelle. Durant vingt ans de carrière sur les scènes de la danse professionnelle, elle a intégré les rangs du Jeune Ballet de France à Paris puis ceux du Ballet National de Marseille. Cette expérience lui a permis de collaborer avec des figures majeures de la scène mondiale telles que Roland Petit, Marie-Claude Pietragalla ou Eric Vu-An, forgeant ainsi une signature artistique à la fois rigoureuse et polyvalente.
Biographie
Formation et débuts (1992-1996)
En 1992, Valérie Blaecke intègre l'École Nationale Supérieure de Danse de Marseille[1], fondée par le chorégraphe Roland Petit sur le modèle de l'École de danse de l'Opéra national de Paris. Elle y suit un enseignement académique auprès de figures de la danse telles que Raymond Franchetti, Jacques Namont, Dominique Khalfouni, Zizi Jeanmaire, Larrio Ekson ou Catherine Verneuil. Elle y aborde le grand répertoire classique et contemporain sous la direction de maîtres de ballet tels que Patrice Bart, Claudette Scouarnec et Violette Verdy.
Dès ses années de formation, Roland Petit la sélectionne pour participer aux productions du Ballet National de Marseille, notamment dans le spectacle Les 100 ans du cinéma[2] ainsi que pour les premières représentations de la compagnie sur la scène flottante du Vieux-Port. Elle participe également au sein des studios du boulevard de Gabès aux enregistrements d'extraits du répertoire de la compagnie, notamment ''Coppélia'', filmés pour des diffusions télévisées internationales[3].
Elle parfait son cursus lors de stages internationaux à Nimes (1995), Biarritz (1995) et La Baule-les-Pins (1996), auprès de pédagogues comme Rudy Bryans, Redha, Colette Armand, Noêlla Pontois, Charles Judes ou Carolyn Carlson[4].
Après l'obtention de son baccalauréat littéraire en 1996, elle intègre le Jeune Ballet de France à Paris. Elle y effectue une tournée de plus de cent représentations en France, interprétant aussi bien le répertoire classique que les créations contemporaines. Philippe Cohen, alors directeur des études chorégraphiques au Conservatoire national supérieur de Musique et de Danse de Lyon, lui confie notamment le rôle de la Mariée (en alternance avec Florence Bas) dans la pièce emblématique Voyage organisé du chorégraphe Dominique Bagouet, une œuvre pionnière de la Nouvelle danse française inspirée du film L'Atalante de Jean Vigo[5].
En avril 1997, elle se produit sur la scène du Théâtre Mogador à Paris lors de la deuxième édition de Paris Danse, une saison chorégraphique organisée par le Jeune Ballet de France, où elle danse notamment dans la pièce Pastiche du chorégraphe José Ferran[6]. Cette production, captée la même année à l'Opéra Théâtre de Massy, fait l'objet d'archives audiovisuelles chorégraphiques[7].
En mars 1997, elle participe à une résidence de trois semaines avec le Jeune Ballet de France à la San Francisco Ballet School, conclue par une série de représentations au Palace of Fine Arts Theatre de San Francisco du 20 au 22 mars[8].
Carrière au Ballet National de Marseille
L'ère Roland Petit (1997-1998)
Après un passage au Ballet du Rhin sous la direction de Bertrand d'At, elle rejoint en 1997 la troupe permanente du Ballet National de Marseille. Roland Petit l'engage pour sa création du Lac des Cygnes, dont les costumes sont dessinés par le couturier[9] Christian Lacroix, présentée à Marseille puis en tournée en France, en Espagne et en Italie[10].
En juin 1997, elle participe aux célébrations officielles des 25 ans du Ballet National de Marseille. À cette occasion, Roland Petit conçoit un spectacle donné sur une scène flottante installée sur l'eau du Vieux-Port, face à la mairie de Marseille, un événement couvert par l'Institut National de l'Audiovisuel (INA)[11].
Les années Marie-Claude Pietragalla (1998-2004)
Sous la direction artistique de Marie-Claude Pietragalla, Valérie Blaecke participe pendant six ans aux différentes productions de la compagnie. Elle collabore à des créations majeures :
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Sakountala,(2000), basée sur la vie de Camille Claudel, avec un travail dramatique mené aux côtés de Jeanne Fayard . Création inspirée également des œuvres d'Auguste Rodin (notamment La Porte de l'Enfer), chorégraphiée par Marie-Claude Pietragalla et Julien Derouault. Cette œuvre a été présentée au Dôme de Marseille puis au Palais des Congrès de Paris, et reste documentée par les captations d'archives officielles de la compagnie[12].
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En 2000, elle participe à la production du troisième acte de ''Raymonda'' remonté par Marie-Claude Pietragalla pour le Ballet National de Marseille[13]. Document conservé aux archives du Centre National de la Danse ou au département des Arts du spectacle de la BnF[14].
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Vita, dans laquelle Marie-Claude Pietragalla lui confie l'interprétation de son propre rôle lors d'un pas de deux avec Julien Lestel ;
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Ni Dieu ni Maître, création coproduite et créée au Théâtre Toursky de Richard Martin avant une tournée internationale et une série de représentations à l'Olympia [15]de Paris en juin 2003. Cette pièce mêle la danse aux poèmes et musiques de Léo Ferré, les danseurs récitant également les textes sur scène. Une photographie d'archive documente la phase de création aux côtés de Marie-Claude Pietragalla, du directeur du théâtre Richard Martin, de la compositrice Élisabeth Cooper et de la troupe du Ballet National de Marseille[16].
Durant cette période, elle travaille sur des rôles du répertoire, devenant la doublure de Marie-Claude Pietragalla dans le célèbre duo Le Nuage de Jiří Kylián, ainsi que dans le rôle de Juliette dans la version de Roméo et Juliette de Rudi van Dantzig (1999). Elle interprète notamment le rôle de la Gitane[17] (en alternance avec celui de la Dulcinée) dans l'adaptation de Don Quichotte [18]de Pietragalla, une interprétation documentée par la critique spécialisée[19].
En juin 1999, lors de la « Soirée des Jeunes Danseurs » organisée par Marie-Claude Pietragalla au Palais du Pharo à Marseille, elle interprète un passage de Paquita (dans l'adaptation chorégraphique de la directrice artistique d'après Marius Petipa), aux côtés de Delphine Boutet et d'Angelo Vergari[20].
En octobre 1999, à l'issue d'une représentation du Ballet National de Marseille au Théâtre des Champs-Élysées à Paris, elle est invitée avec la troupe par la Première dame Bernadette Chirac à un souper officiel donné en l'honneur de la compagnie au Palais de l'Élysée[21], événement immortalisé par une photographie officielle de groupe aux côtés de la Première dame et de la directrice artistique[22].
Elle participe à la version de Giselle remontée par Éric Quilleré à l'Opéra de Marseille et en tournée asiatique (Pékin, Shanghai, Manille, Macao, Hong Kong), puis réitère l'expérience dans la version portée par Pietragalla.
En parallèle, elle participe à la reprise de pièces maîtresses de George Balanchine (notamment Thème et Variations, Les Quatre Tempéraments, Who Cares?, Concerto Barocco et Joyaux), remontées par les répétitrices et assistantes du chorépgrape, Nanette Glushak et Patricia Neary.
Diversification chorégraphique et répertoire contemporain
Valérie Blaecke aborde également la danse contemporaine à travers des collaborations avec des chor égraphes invités :
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Claude Brumachon et Benjamin Lamarche pour la création contemporaine Voyageur d'innocence (1999)[23], transposant les danseurs classiques dans une gestuelle organique et instinctive ;
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Paul Taylor pour la reprise de son œuvre phare Esplanade, fondé sur des mouvements du quotidien et des traversées scéniques de haute intensité physique.
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Richard Werlock pour sa pièce phare Stetl et pour Strange Waltz.
Sous la direction par intérim de Françoise Adret et Norbert Schmucki, ancien maître de ballet emblématique de la compagnie, elle travaille sur la reprise classique de Giselle.
L'ère Frédéric Flamand, Éric Vu-An (2005-2014)
Avec l'arrivée de Frédéric Flamand et d'Éric Vu-An à la direction du BNM, la compagnie s'oriente vers un dialogue entre danse classique, architecture et danse contemporaine. Valérie Blaecke prend part à plusieurs projets :
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La Cité radieuse (2005), en collaboration avec l'architecte Dominique Perrault .
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Le Sacre du Printemps (reprise par la compagnie en 2006), version contemporaine du chorégraphe américain Stephen Petronio sur la partition d'Igor Stravinsky[24].
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Metapolis II (2007), scénographiée par l'architecte Zaha Hadid ; En juillet 2007, elle participe à la tournée internationale de la compagnie à New York pour la première américaine de Metapolis II, donnée au New York State Theatre dans le cadre du Lincoln Center Festival[25].
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Tempo Vicino (2009), création originale conçue pour la compagnie marseillaise par la chorégraphe américaine minimaliste Lucinda Childs ;
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Inverses (2009), pièce théâtrale de la chorégraphe belgo-colombienne[26] Annabelle Lopez Ochoa.
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Les Nuits d'été (octobre 2010), création mondiale du chorégraphe Thierry Malandain donnée à l'Opéra de Marseille. Conçu pour quatre couples de la compagnie sur les mélodies d'Hector Berlioz et des poèmes de Théophile Gautier, ce ballet onirique voit Valérie Blaecke interpréter le pas de deux de la pièce Sur les Lagunes aux côtés du danseur Thierry Vasselin[27].
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Sextet (reprise par la compagnie en 2008), œuvre majeure du chorégraphe Thierry Malandain sur la musique de Steve Reich, que la troupe interprète notamment lors d'un spectacle gratuit en plein air sur l'esplanade Bargemon face au Vieux-Port de Marseille en juin 2011[28].
L'ensemble de ces créations originales et reprises du répertoire contemporain et néo-classique sont présentées à Marseille (notamment à l'Opéra de Marseille et au Théâtre du Gymnase) avant de faire l'objet de tournées nationales et européennes.
Elle collabore également avec le chorégraphe Julien Lestel pour la pièce Somewhere (assisté de Gilles Porte), créée sur une partition de Philip Glass[29]. Ce spectacle les amène à se produire dans le cadre du Festival d'art de la scène de Lacoste créé par le couturier Pierre Cardin dans les carrières du Château du Marquis de Sade. Une photographie d'archive documente la réception officielle d'après-spectacle en présence du couturier et mécène Pierre Cardin, du chorégraphe Julien Lestel, de son assistant Gilles Porte et des danseurs de la compagnie[30]. En juin 2009, elle participe à la création du ballet Constance de Julien Lestel à l'Opéra de Marseille, une performance documentée par le critique Gérard Mannoni dans les colonnes d'Altamusica avant de partir en tournée nationale[31]. Avec la compagnie de Julien Lestel, elle se produit également au Festival des Arts de Malte pour la création Constance[32] (Malta Arts Festival) dans les jardins d'Argotti à Floriana en 2009-2010[33], où elle interprète un des rôles de Constance dans une pièce inspirée de L'Amant de Lady Chatterley aux côtés de Gilles Porte, Vincent Chaillet, Alexandra Cardinale, Julien Lestel, Thierry Vasselin, Noemie Djiniadhis et Cinthia Labaronne[34]. Une création documentée par la bande-démo du ballet[35].
Durant cette période, elle est également sélectionnée par les assistants et répétiteurs internationaux Kim McCarthy et Tony Fabre pour participer à la reprise de la pièce emblématique Por vos muero du chorégraphe espagnol Nacho Duato, présentée au Théâtre du Gymnase à Marseille en mars 2007[36]. Cette réinterprétation des danses de cour du baroque hispanique fait l'objet d'un reportage télévisé sur France 3 et est analysée par la critique culturelle[37].
En 2014, dans le cadre du festival « Le Printemps du BNM » à la Friche la Belle de Mai, elle participe à l'exposition-performance conçue par le chorégraphe et plasticien Christian Rizzo et la plasticienne Caty Olive, où les danseurs, dissimulés sous les archives de costumes de la compagnie, animaient les matières textiles dans une scénographie immersive d'ombres et de lumières.
Projets artistiques indépendants et collaborations
Parallèlement à sa carrière au sein des institutions chorégraphiques, Valérie Blaecke multiplie les collaborations artistiques multidisciplinaires :
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**Arts plastiques :** Elle collabore comme modèle de mouvement pour l'artiste plasticienne Valérie Gho pour sa série de « tableaux miroirs »[38].
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**Mode et performance :** Elle prend part au défilé-performance Toi et moi de la styliste Caroline Hanny (2015)[39].
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**Théâtre et comédie :** Elle se forme au jeu théâtral auprès de l'auteur et comédien Gilles Azzopardi à Marseille.
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**Musique et vidéo :** Elle figure dans plusieurs projets audiovisuels et clips musicaux d'artistes locaux, notamment le duo folk ISAYA[40].
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**Voix parlée :** Elle prête sa voix pour l'enregistrement de livres audio destinés à la Bibliothèque Sonore d'Aix-en-Provence.
Transmission • Psychologie • Écriture • Théâtre
Titulaire du Diplôme d'État (DE) de professeur de danse obtenu au Centre National de la Danse (CND) de Pantin, elle y parfait sa formation en 2008 en suivant notamment des masterclasses dispensées par Jacqueline Fynnaert (aux côtés de la future danseuse étoile Alice Renavand), ainsi que les enseignements du pédagogue Wayne Byars au Studio Harmonic à Paris[41]. Elle transmet ensuite son art en animant des stages et ateliers au sein de conservatoires et d'écoles supérieures de la région (notamment au Conservatoire de Martigues, à La FAC à Marseille ou Mambocha à Allauch), et intervient comme jury lors de concours régionaux.
En mars 2009, elle est invitée par le Conservatoire de Martigues pour animer un stage-atelier thématique destiné aux jeunes élèves de la section danse, axé sur la transmission du répertoire classique à travers l'étude de l'acte blanc (« les fantômes-Willis ») du ballet Giselle[42]. Cette transmission fait l'objet d'un suivi médiatique régional, comprenant un article de presse ainsi qu'un reportage télévisé avec interview réalisé par la chaîne Maritima TV[43].
À l'issue de sa carrière scénique, elle entreprend une reconversion professionnelle tournée vers la pédagogie et la relation d'aide. Elle se forme à la psychologie (École de Psychologie Clinique et Appliquée d'Aix-en-Provence), à la Programmation Neuro-Linguistique (EFPNL), à la méthode ESPERE de Jacques Salomé, ainsi qu'à la sophrologie au sein de l'École Française de Sophrologie de Montpellier (EFSM). Elle obtient également une certification de consultante en bilan de compétences.
Son expertise psycho-corporelle et son approche thérapeutique font l'objet de partages d'expérience médiatisés, notamment lors d'une interview consacrée à sa pratique de sophrologue sur le thème des étiquettes psycho-sociales, menée par l'auteure Valérie Guénec pour les Éditions Lire au Monde[44].
Son parcours de reconversion et ses spécialisations thérapeutiques font également l'objet d'un portrait et d'une interview approfondis menés par Aude de Villeroché, analysant son accompagnement psycho-corporel appliqué notamment à la gestion du stress, aux troubles du sommeil, au burn-out ainsi qu'à la prise en charge des troubles dys (dysphasie, dyspraxie)[45].
Durant la crise sanitaire du Covid-19, elle s'engage bénévolement en proposant des consultations téléphoniques gratuites de sophrologie pour soutenir la population face au confinement. Cette initiative citoyenne et solidaire fait l'objet d'un reportage télévisé au sein de son cabinet marseillais[46].
Titulaire d'un diplôme universitaire des métiers de l'enseignement obtenu après la réussite d'un concours national (niveau Master / Bac+5), elle exerce aujourd'hui comme enseignante et coordonnatrice d'ULIS, accompagnant les élèves en situation de handicap.
Elle poursuit en parallèle son engagement artistique par l'écriture. Journaliste et chroniqueuse culturelle pour La Revue Marseillaise du Théâtre (RMT News International), elle rédige des critiques théâtrales et couvre notamment les programmations du Festival Off d'Avignon[47], tout en développant de nouveaux projets d'écriture littéraire et de retour sur les planches au théâtre.